mardi 1 avril 2008

Les nouvelles lolitas expliquées aux parents (suite)

Elles font rimer féminité avec vulgarité
Sauf qu’à surjouer l’hyperféminité, elles flirtent, apparemment sans s’en apercevoir, avec le mauvais goût. « Trop de glamour tue le glamour, ironise Suzanne Goirand, directrice de Classes Junior, un cabinet de conseil en marketing consacré aux produits et services pour les enfants. En voulant trop en faire, ces ados font rimer féminité avec vulgarité. » Les autoproclamées « pouffes » aiment la démesure et le clinquant, s’inspirant des looks sexy de Christina Aguilera ou de Paris Hilton. Elles sanglent donc leurs fesses enfantines dans un microshort moulant ou arborent de maxiboucles d’oreilles en faux diamants pour jouer à fond de l’effet « bling-bling ». Les grandes marques s’intéressent de très près à ces consommatrices dotées d’un pouvoir d’achat de plus en plus élevé – entre 50 et 140 euros par mois, soit 1,5 milliard d’euros par an pour l’ensemble des 8-18 ans (3).
Entre séduction et provocation
Ces nouvelles lolitas incarnent aussi toutes les ambivalences de leur génération. « Depuis leur naissance, elles entendent qu’elles sont les égales des hommes, explique Florence Hermelin. Mais elles s’aperçoivent que la parité n’est pas totalement acquise. Du coup, pour se prouver qu’elles comptent autant que les garçons, elles empruntent certains de leurs (pires) attributs comportementaux. » À l’image d’une Beyoncé qui se vante, dans une de ses chansons, d’avoir jeté son boyfriend comme un malpropre, elles raillent les travers masculins pour mieux se les approprier. Il s’agit de montrer qu’elles peuvent tout faire comme eux, mais à la manière d’une fille. Qu’elles peuvent ressembler à des femmes fatales et se comporter comme des voyous.
« Aux parents de veiller à ce que les limites, notamment de la décence, soient respectées, prévient Michel Fize. Car, si elles sont plus mûres que leurs aînées, elles ne font toujours pas la différence entre séduction et provocation. » Elles imitent les starlettes qui multiplient les poses suggestives sans avoir conscience du caractère sexuel de leur attitude. C’est toute la contradiction de ces ados : en donnant à voir, elles veulent être désirables mais pas forcément désirées. « Que les parents se rassurent, les filles s’assagissent à partir de 16-17 ans et réorganisent leur apparence comme elles l’entendent, en se libérant des codes imposés par le groupe, tempère le psychiatre Xavier Pommereau. Mais, d’ici là, il faut délimiter ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas. »
(1) YOUTHology, mai 2007, effectuée par le NRJ Lab auprès des 11-25 ans.(2) Coauteur, avec Marie Cipriani-Crauste, de «_Le Bonheur d’être adolescent_, Édition Éres. (3) Enquête Consojunior, mars 2004.

Source : Le figaro.fr Madame

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