mardi 1 avril 2008

Les nouvelles lolitas expliquées aux parents

Les nouvelles lolitas expliquées aux parents
Alors que les produits pour garçons envahissent les linéaires de cosmétiques et empiètent sur le territoire des filles âgées de 10 à 15 ans, ces dernières en rajoutent dans la féminité. Sans craindre le mauvais goût ni la provocation.
Paru le 31.03.2008, par Clara Dufour
Perchées sur des talons hauts, les cuisses moulées dans un jean slim ou une minijupe froufroutante, elles sortent rarement sans vernis à ongles ni panoplie « BMG » (blush-mascara-gloss à paillettes). Âgées de 10 à 15 ans, ces nouvelles ados affichent une féminité de caricature, à laquelle une étude (1) a donné un nom : « pouffitude ». Quelle mouche a bien pu piquer ces ex-petites filles modèles, en robe à smocks et souliers vernis ? L’air du temps, la télé, les hormones, papa et maman ? Parents, n’ayez pas peur, clament les spécialistes, la faute en revient d’abord aux garçons. Car la mode, aujourd’hui, n’est plus au mâle brut de décoffrage. L’homme moderne assume sa part de féminité et prend soin de lui. De plus en plus tôt. La preuve, le marché des cosmétiques masculins est en constante progression. « Il y a une confusion des genres, constate Michel Fize, sociologue au CNRS (2). Les garçons n’ont plus de complexes. Ils aiment faire du lèche-vitrines et osent s’afficher avec des accessoires et des couleurs, comme le rose, tabou jusque-là. »
Du coup, face à ces « lolitos », les filles ont l’impression de perdre leur territoire et se cherchent de nouveaux modèles. « Elles sont poussées à se retrancher dans des attitudes hors de portée des garçons et deviennent adeptes de la pouffe-attitude, note Florence Hermelin, directrice du NRJ Lab, une cellule d’étude de tendances. Dans cette quête ultra-identitaire, elles cèdent à la caricature 100 % girly à grand renfort de faux cils, de talons aiguilles ou d’eye-liner. » De quoi faire hurler leurs mères, qui dénonçaient la sujétion de la femme objet dans les années 1960… « La jeune génération est décomplexée par rapport à cet héritage, explique Michel Fize. Les filles expriment leur fierté de grandir en voulant ressembler à une femme. »

Source: Le figaro.fr Madame

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